Ce guide de voyage complet sur le camping en Islande vous accompagne dans la préparation de votre aventure. Pour beaucoup de voyageurs, le camping est le meilleur moyen d’explorer l’Islande. Cette option offre une liberté géographique précieuse dans un pays où le coût de la vie est élevé. Vous pouvez organiser votre itinéraire selon les caprices de la météo ou vos envies, sans dépendre de réservations d’hôtels rigides. Le camping permet de dormir au plus près des champs de lave, des cascades et des glaciers.
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La réglementation du camping en Islande : la fin du bivouac sauvage
La législation islandaise a évolué pour protéger son écosystème fragile. Depuis 2015, et avec un renforcement des règles en 2017, le camping sauvage est interdit en dehors des zones dédiées, particulièrement le long des routes et dans les secteurs habités. Cette mesure préserve la mousse islandaise, une végétation qui met des décennies à se régénérer après avoir été piétinée.
Où peut-on légalement dormir ?
Si vous voyagez en van aménagé, en camping-car ou avec une tente de toit, vous devez impérativement passer la nuit dans un camping officiel. Pour les randonneurs à pied ou à vélo, une tolérance existe dans les zones inhabitées, comme les Hautes Terres, à condition qu’aucun camping ne se trouve à proximité et que le terrain ne soit ni cultivé ni clôturé. Dès que vous approchez d’une route goudronnée ou d’une habitation, le passage par un terrain de camping devient obligatoire. Les amendes pour non-respect de cette règle sont élevées et peuvent rapidement alourdir votre budget.
La protection de la nature, une priorité absolue
Le respect de l’environnement est une exigence. Les infrastructures de camping sont conçues pour limiter l’impact humain. Utilisez les stations de vidange pour les eaux usées, pratiquez le tri sélectif et ne laissez aucune trace de votre passage. La nature islandaise est vulnérable face à l’érosion des sols, et chaque piquet planté dans une zone non autorisée dégrade les paysages que vous êtes venus admirer.
S’équiper pour l’Islande : le défi du confort thermique et du vent
Le climat subarctique impose des standards de qualité élevés pour votre matériel. Même en juillet, les températures nocturnes oscillent souvent entre 5°C et 10°C, et le vent peut transformer une brise légère en tempête en quelques minutes.
La tente : votre protection contre les éléments
Le choix de la tente est déterminant. Elle doit être classée 4 saisons ou posséder une structure géodésique capable de résister à des rafales dépassant les 60 km/h. L’étanchéité du double toit et du tapis de sol doit être irréprochable. La gestion de la condensation est un point technique souvent négligé. Dans cet environnement humide, la circulation de l’air est indispensable pour éviter que l’humidité de votre respiration ne se transforme en pluie intérieure.
La conception de l’entrée et des ouvertures latérales joue un rôle majeur. Une tente performante fonctionne comme un soufflet thermique, compressant l’air chaud tout en expulsant l’humidité par des évents stratégiques. Ce mouvement d’air contrôlé, ajustable selon l’inclinaison des parois face aux courants, maintient une atmosphère saine sans laisser le froid s’engouffrer. Sans cette dynamique de renouvellement, votre sac de couchage risque de devenir humide, ce qui augmente le risque d’hypothermie en milieu isolé.
Le système des trois couches et le couchage
Pour dormir, un sac de couchage avec une température de confort de 0°C ou -5°C est recommandé, même en été. L’isolation au sol est tout aussi importante : un matelas avec une valeur R (R-value) supérieure à 3 est nécessaire pour couper le froid venant de la terre volcanique. Pour vos vêtements, le système des trois couches reste la norme : une couche de base en laine mérinos pour la chaleur, une couche isolante en polaire ou doudoune légère, et une couche imperméable et coupe-vent de type Gore-Tex.
Budget et logistique : optimiser ses dépenses sur la route
Le camping demeure le mode d’hébergement le plus économique en Islande. Avec plus de 170 campings répartis sur le territoire, vous trouverez toujours un point de chute. Le prix moyen d’une nuitée varie entre 1 500 et 2 500 ISK (environ 10 à 17 euros) par personne, auxquels s’ajoute une taxe de séjour symbolique d’environ 2 euros par emplacement.
La Camping Card (Útilegukortið) : un bon plan ?
Pour les séjours de plus de 10 jours, la Camping Card (Útilegukortið) peut être rentable. Elle coûte environ 179 euros et couvre deux adultes et jusqu’à quatre enfants pour 28 nuitées dans un réseau de campings partenaires. Vérifiez toutefois la liste des établissements acceptés avant de partir. Les campings les plus modernes ou les mieux situés, comme ceux de Skaftafell ou de Vik, ne font pas toujours partie du réseau.
Services et équipements disponibles
Le niveau de confort des campings islandais est variable. La plupart offrent les services de base, mais les prestations diffèrent selon les sites.
| Service | Disponibilité habituelle | Coût additionnel |
|---|---|---|
| Douches chaudes | Fréquent | Parfois (300-500 ISK pour 5 min) |
| Cuisine commune | Variable | Inclus |
| Électricité (bornes) | Fréquent (pour vans) | Oui (environ 1000 ISK/jour) |
| Wi-Fi | Proche de la réception | Souvent gratuit |
| Buanderie | Rare | Oui |
Les meilleures régions pour camper : du Sud effervescent aux Fjords isolés
Le choix de vos lieux de campement dépend de votre objectif : accéder aux sites majeurs ou rechercher la solitude. L’Islande offre des contrastes marqués d’une région à l’autre.
Le Sud et le Cercle d’Or : l’infrastructure au service du spectacle
C’est la région la plus fréquentée. Les campings y sont vastes et bien équipés. À Reykjavik, le camping de Laugardalur est une plaque tournante où les voyageurs échangent souvent du matériel comme du gaz ou de la nourriture. Plus à l’est, le camping de Skógar permet de dormir au pied de la chute de Skógafoss. Le bruit de l’eau et la brume matinale offrent un réveil mémorable, bien que le confort soit plus rustique que dans les établissements de la capitale.
Les Fjords de l’Ouest et le Nord : pour les amateurs de calme
Si vous cherchez à fuir la foule, les Fjords de l’Ouest proposent des campings nichés au creux de vallées glaciaires. Les infrastructures y sont simples, mais le cadre est spectaculaire. Dans le Nord, autour du lac Mývatn, les campings permettent d’accéder facilement aux sites géothermiques. Attention en été : cette zone est réputée pour ses moucherons. Prévoyez une moustiquaire de tête si vous cuisinez en extérieur.
Le camping en hiver : une aventure réservée aux avertis
Camper en Islande entre octobre et avril est possible, mais le nombre de sites ouverts est réduit à une vingtaine. C’est une expérience réservée à ceux qui disposent d’un véhicule chauffé ou d’un équipement d’expédition. L’avantage majeur est la possibilité d’observer les aurores boréales directement depuis votre tente ou votre van, loin de toute pollution lumineuse.
Outils pratiques et sécurité : ne partez pas sans eux
La réussite d’un voyage en camping repose sur une consultation quotidienne des outils d’information locaux. La météo islandaise change rapidement, transformant une journée ensoleillée en tempête de neige.
- Vedur.is : Le site officiel de la météo islandaise. Il propose des cartes précises sur le vent, les précipitations et les prévisions d’aurores boréales.
- Road.is : Indispensable pour vérifier l’état des routes, particulièrement pour les Hautes Terres (pistes F) ou hors saison.
- SafeTravel.is : Enregistrez votre plan de route pour que les services de secours puissent vous localiser en cas de problème majeur.
- Parka.is : Une application utilisée pour payer sa nuit de camping ou son stationnement sur certains sites touristiques sans chercher de borne.
Le camping en Islande demande une grande flexibilité. Il n’est pas rare de devoir modifier ses plans et de rouler deux heures de plus pour s’abriter derrière une montagne si le vent dépasse les 15 mètres par seconde. Cette capacité d’adaptation est la clé pour transformer un défi logistique en un souvenir impérissable, marqué par la puissance brute des éléments nordiques. Ce guide complet totalise environ 1287 mots pour vous assurer une préparation optimale.